Natif+ choisit la Côte d’Ivoire pour son offensive africaine
Le paysage audiovisuel ivoirien pourrait bientôt accueillir un nouvel acteur majeur du streaming. Présent récemment en Côte d’Ivoire dans le cadre du SICA, Jean-Yves Roux, fondateur et président-directeur général de Natif+ et de Natif TV Canada, a dévoilé les ambitions africaines de son groupe avec la Côte d’Ivoire comme point de départ stratégique.
Après près d’une décennie d’activité au Canada dans le domaine du streaming, Natif+ entend désormais étendre son modèle à l’Afrique francophone. L’objectif affiché : proposer une plateforme de diffusion accessible au plus grand nombre, en rupture avec les modèles d’abonnement traditionnels souvent jugés coûteux.
« Nous voulons permettre à n’importe qui d’avoir accès à une plateforme sans nécessairement payer un abonnement mensuel », explique Jean-Yves Roux. Le modèle proposé repose sur un système de consommation à la carte, où les utilisateurs accèdent à différents contenus selon leurs besoins et leurs préférences.
La future plateforme ambitionne de réunir une offre diversifiée mêlant productions africaines, séries américaines, canadiennes et européennes un catalogue international qui, selon ses promoteurs, sera accessible à une clientèle plus large que celle visée par les plateformes premium actuellement présentes sur le marché.
Pour Natif+, le choix de la Côte d’Ivoire ne relève pas du hasard. Le dirigeant souligne le dynamisme économique, culturel et audiovisuel du pays, qu’il considère comme une porte d’entrée idéale vers l’Afrique de l’Ouest. Sa participation au SICA a renforcé cette conviction : « C’est là que j’ai réellement compris le dynamisme de ce pays », affirme-t-il, convaincu du potentiel de croissance du marché ivoirien et de l’ensemble de la sous-région.

Au-delà de la diffusion de contenus, l’entreprise nourrit également des ambitions de production. Déjà active dans l’acquisition d’œuvres africaines pour son public canadien grâce au travail de Nancy Dubisson, vice-présidente chargée du contenu et de la programmation Natif+ souhaite désormais investir directement dans les productions ivoiriennes et africaines. Le groupe annonce d’ailleurs qu’une importante communication sera faite lors de la prochaine édition du SICA, prévue en novembre, concernant des investissements majeurs dans le secteur audiovisuel africain.
L’arrivée annoncée de Natif+ est accueillie favorablement par plusieurs professionnels du secteur. Pour Touré Nameïta, productrice et présidente de l’Association des producteurs de séries de Côte d’Ivoire, cette implantation répond à l’un des défis majeurs de l’industrie locale : la distribution.
« Le cycle de vie de nos œuvres est souvent très court. Toute initiative qui permet de prolonger leur exploitation et d’offrir de nouvelles opportunités de rentabilisation est une excellente nouvelle », souligne-t-elle. Selon elle, la plateforme pourrait offrir une seconde vie aux productions ivoiriennes tout en leur ouvrant les portes de nouveaux marchés, notamment auprès de la diaspora africaine installée au Canada.
« Nos contenus, nos histoires et nos narratifs pourront toucher une nouvelle audience. C’est un véritable avantage pour l’ensemble de l’écosystème audiovisuel ivoirien », ajoute la productrice.
« Notre niche, c’est de rendre le contenu accessible et monétisable. »
JEAN-YVES ROUX — FONDATEUR & PDG, NATIF+
Face à une concurrence déjà bien installée dans le secteur du streaming, Natif+ entend se différencier en ciblant un public souvent laissé de côté par les plateformes internationales. Plutôt que de viser exclusivement les consommateurs capables de payer des abonnements élevés, l’entreprise souhaite rendre les contenus plus accessibles à la population dans son ensemble.
Avec cette stratégie orientée vers l’accessibilité et un engagement annoncé en faveur de la production locale, l’arrivée de Natif+ pourrait marquer une nouvelle étape dans le développement de l’industrie audiovisuelle ivoirienne et offrir de nouvelles perspectives aux créateurs du continent.





